Black Uhuru / Sinsemilla

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Enregistré le 26 janvier 1980 à Channel One et publié chez Mango, label subsidiaire d’Island Records, Sinsemilla est le troisième album de Black Uhuru et le premier à connaître une sortie internationale. Entièrement composé par Michael Rose accompagné de Duckie Simpson et Puma Jones aux harmonies vocales et produit par les légendaires Sly & Robbie, Sinsemilla est un classique reggae indémodable !
Formé en 1974, Black Uhuru (le terme uhuru signifie « liberté » en swahili) est à l’origine un trio vocal composé de Euvin « Don Carlos » Spencer, Rudolph « Garth » Dennis et Derrick « Duckie » Simpson, tous originaires de Waterhouse, célèbre quartier de Kingston. Alors que Don Carlos entame une carrière solo et que Garth rejoint les Wailing Souls, le groupe accueille alors Michael Rose – chanteur au style « waterhouse » dans la même veine que Don Carlos – et Errol Nelson. Le groupe recomposé enregistre en 1977 l’album Love Crisis, produit par Prince Jammy. C’est ensuite Errol Nelson qui cède sa place à Sandra « Puma » Jones (aujourd’hui décédée). Selon Michael Rose, ils essayaient de « faire quelque chose d’exceptionnel et de nouveau par rapport à ce qui s’enregistrait alors en Jamaïque » et ont décidé d’intégrer une fille au groupe « pour changer des trios masculins habituels ». En l’espace de quelques mois, deux albums sont enregistrés par cette nouvelle formation : Showcase, paru en 1979 sur le label Taxi de Sly Dunbar & Robbie Shakespeare (qui sera réédité avec l’ajout du titre Shine Eye Gal à la playlist sous le nom Black Uhuru par Virgin en 1980) et le sublime Sinsemilla, enregistré en janvier 1980, dont il est question aujourd’hui. Produit par Sly Dunbar et Robbie Shakespeare et regroupant Ansel Collins (piano, orgue), Jimmy Becker (harmonica), Radcliffe « Dougie » Bryan (lead guitar), Bertram « Ranchie » McLean (rhythm guitar) et Uziah « Sticky » Thompson (percussions), l’album amène le reggae dans une nouvelle ère musicale. Le disque est également profondément révolutionnaire, exaltant la primauté de l’Afrique, s’opposant à l’apartheid ou louant les vertus de la l’herbe. Sinsemilla sera suivi en 1981 du tout aussi indispensable Red qui contient notamment les titres Youth Of Eglington et Sponji Reggae puis les albums Chill Out et Anthem en 1982 et 1983 seront les derniers enregistrés par ce qui reste à ce jour la meilleure formation de Black Uhuru. La pochette est signée Tony Wright, à qui l’on doit également les illustrations d’autres grands classiques comme War Ina Babylon de Max Romeo (dont la chronique se trouve ici) ou encore Police & Thieves de Junior Murvin.


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De gauche à droite : Sly Dunbar, Derrick « Duckie » Simpson, Sandra « Puma » Jones, Michael Rose et Robbie Shakespeare.

Blacks Sounds of Freedom

L’album s’ouvre sur Happiness dont les premières notes donnent tout de suite le ton : le style est novateur et ambitieux et se démarque des autres productions reggae de l’époque. Le combo Black Uhuru / Sly & Robbie fonctionne à merveille ! Les sonorités orientales du chant de Michael Rose dans le pur style « waterhouse », les harmonies vocales envoûtantes de Duckie Simpson et Puma Jones et la section rythmique de Sly Dunbar et Robbie Shakespeare donnent une touche totalement unique à l’album. Arrive ensuite l’hymne World Is Africa, meilleur titre jamais enregistré par Black Uhuru selon Michael Rose, c’est un autre excellent exemple du style « waterhouse » de Black Uhuru et des riddims sautillants caractéristiques des productions Sly & Robbie. L’album enchaîne sur Push Push, une autre très bonne composition et une excellente illustration du savoir-faire des « riddim twins » à base de batterie spatiale et de ligne de basse bien lourde. La première face termine en beauté avec There Is Fire et la basse hypnotique de Robbie Shakespeare hantée par l’harmonica de Jimmy Becker. De l’autre côté, ça démarre fort avec No Loafing (Sit And Wonder), un autre excellent titre – l’album les enchaîne – au piano entêtant dont certaines rumeurs affirment qu’il s’agirait de Stevie Wonder mais aucune indication ne vient le confirmer. Vient ensuite Sinsemilla, un autre grand classique du groupe sous forme d’ode à la variété de marijuana qui donne son nom à l’album. Le titre qui suit, Endurance, est une autre pépite, un « natural reggae beat » savoureux avec un Michael Rose toujours très inspiré et un Taxi Gang décidément en pleine forme ! L’album termine ce sans-faute avec Vampire, une autre excellente composition menée par le chant et les plaintes de Michael Rose accompagné des chœurs mélancoliques de Duckie Simpson et Puma Jones.


Essentiel

Près de quarante ans plus tard, Sinsemilla n’a pas pris une ride ! Chaque composition de l’album est réussie, Michael Rose est magistral et les harmonies vocales signées Duckie Simpson et Puma Jones terriblement envoûtantes. La qualité des riddims des productions Sly & Robbie n’y est pas pour rien non plus. Un des meilleurs albums reggae de tous les temps à consommer sans modération !

Liens : La page Facebook de Black Uhuru / La page Facebook de Sly & Robbie / Black Uhuru sur Island Records / Le site Island Records / Le site de Tony Wright

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