Charles Bradley / Changes

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Après deux album très réussis (No Time For Dreaming en 2011 et Victim Of Love en 2013), Charles Bradley, véritable soulman à l’ancienne, est de retour avec Changes, toujours chez Dunham (un label de Daptone Records). Son troisième album est disponible depuis le 1er avril 2016.
Né en 1948 à Gainesville, dans l’état de Floride, Charles Bradley a passé la plus grande partie de son enfance dans la rue à Brooklyn, New York. Tout commença en 1962 lorsqu’il assista à un concert de James Brown à l’Apollo Theater. Le parrain de la soul lui laissa une forte impression et restera à partir de ce moment-là sa principale inspiration. Bien qu’il eut toujours ce goût et ce talent pour la musique, Charles Bradley ne sortira son premier single qu’en 2002. Durant tout ce temps, il fit beaucoup de petits boulots, quittant New York pour la Californie, en passant même brièvement par le Canada. Au final, il passera près de 30 ans en tant que cuisinier tout en continuant à chanter, jusqu’au jour où, licencié, il décide de rentrer à Bushwick (Brooklyn) pour retrouver sa famille et se lancer pour de bon dans le monde de la musique. A 51 ans, il parcourt les clubs de Brooklyn, livrant son show, à base de titres de James Brown, sous le nom Black Velvet. C’est dans un de ces clubs (le « Tarheel Lounge » à Bedstuy) que Gabriel Roth remarque Charles Bradley. Ce dernier l’emmena alors pour une session avec les Sugarman Three et, en 2002, son premier single Take It As It Comes lui permit enfin de faire ses preuves. Il enregistre ensuite deux singles chez Daptone (le label de Gabriel Roth spécialisé dans la soul à l’ancienne), accompagné du groupe The Bullets (un jeune groupe de funk fortement influencé par James Brown et The Meters qui deviendra bientôt le groupe afrobeat The Budos Band). Par la suite, Thomas Brenneck, compositeur et guitariste des Bullets, forme The Menahan Street Band, un groupe de soul instrumentale, et enregistre l’album Make The Road By Walking sur le label Dunham qu’il vient de créer au sein de Daptone Records. Le style et le son de cette nouvelle formation semblent parfaitement adaptés à la voix de Charles Bradley, et ensemble, ils composent l’album No Time For Dreaming, paru en 2011. Ils réitèrent deux ans plus tard avec Victim Of Love. On retrouve de nouveau le Menahan Street Band sur cet album mais cette fois, Charles Bradley a aussi enregistré avec d’autres musiciens de l’écurie Daptone tels que The Budos Band ou The Extraordinaires, le groupe qui l’accompagne sur scène.

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Screaming Eagle of Soul

L’album Changes s’ouvre sur un court préambule de Charles Bradley immédiatement suivi de God Bless America, un morceau inspiré du gospel et rappelant America The Beautiful de Ray Charles. Le morceau suivant, Good To Be Back Home, est nettement plus funky avec une basse terriblement groovy et des cuivres imparables, le tout mené par un Charles Bradley en grande forme. Une excellente démonstration du talent de celui qu’on surnomme parfois le « Screaming Eagle of Soul ». Nobody But You est une chanson d’amour plutôt efficace qui met en avant la voix déchirante de Charles Bradley. On revient sur un thème plus sombre avec Ain’t Gonna Give It Up, une composition très réussie (les cuivres sont magnifiques) et une interprétation impeccable par un Charles Bradley décidément très convaincant dans ce registre. Vient ensuite le titre phare de l’album, Changes. Dévoilé lors de l’annonce de l’album (et accompagné d’un clip original, visible ici, qui se concentre sur les émotions que l’on peut lire sur le visage de Charles Bradley), cette chanson est une reprise inattendue d’une ballade au piano du groupe Black Sabbath issue de l’album Vol. 4 de 1972. Les arrangements sont très jolis avec ces trémolos de guitare et ces explosions de cuivres. Ce morceau est un vibrant hommage à la mère de Charles Bradley. La première face termine sur l’excellent Ain’t It A Sin, un autre morceau au groove ultra efficace avec une basse terriblement funky caractéristique du style Daptone. Une vidéo officielle (visible ici) est sortie il y a peu et on peut voir qu’à 67 ans, Charles Bradley a toujours la pêche ! A noter que le clip est signé Poull Brien, qui avait déjà réalisé le documentaire Charles Bradley : Soul Of America en 2012 (plus d’infos ici). On continue avec Things We Do For Love, une chanson d’amour aux chœurs délicieusement old school rappelant la soul des années 1960 à la Motown. Sans doute le morceau le plus rétro de l’album ! Crazy For Your Love est une autre chanson d’amour, plus classique. Vient ensuite l’excellent You Think I Don’t Know (But I Know) dont la petite intro au piano rappelle curieusement le (You) Got What I Need de Freddie Scott (que l’on peut écouter ici), un morceau que beaucoup connaissent à travers le sample utilisé par Biz Markie sur son hit Just A Friend. Le morceau Change For The World, qui est lui-aussi accompagné d’un clip (visible ici), est un appel à la paix et à l’amour dans le monde sur une composition très réussie à base de cuivres entêtants. Charles Bradley conclue l’album avec Slow Love, une autre ballade romantique.

Conclusion

Aux côtés d’autres artistes de l’écurie Daptone comme Sharon Jones ou Lee Fields, Charles Bradley est aujourd’hui un véritable représentant de ce revival du son soul des années 1960 et 1970. Toujours accompagné des meilleurs musiciens de chez Daptone et de leur soul authentique, Charles Bradley livre une fois encore un album solide, dans la droite lignée des opus précédents.

Liens : Le site officiel de Charles Bradley / La page Bandcamp de Charles Bradley / Le site officiel du Menahan Street Band / Le site Daptone Records

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