Duos : Gerry Mulligan & Chet Baker

Je ne pouvais pas écrire sur le jazz West Coast et ses duos de légende sans parler du Gerry Mulligan Quartet. Une existence courte, quelques disques, un énorme succès en club (The Haig) comme sur disque et toujours aujourd’hui, un des groupes les plus connus des années 50.
Mulligan et Baker appartiennent maintenant à l’Histoire du jazz ! Mais tout a commencé quand Gerry Mulligan, après Birth of the Cool de Miles Davis sur Capitol et quelques sessions sur Prestige, quitte New York pour le soleil de Los Angeles avec sa petite amie de l’époque Gail Madden. Il écrit alors quelques arrangements pour Stan Kenton, tous très réussis. Puis Mulligan monte un quartet où vont tourner plusieurs musiciens comme Art Pepper par exemple. Finalement Bob Whitlock lui dit d’écouter le jeune Chet Baker, récemment embauché par Charlie Parker lui même pour ses concerts en Californie. La première rencontre ne se passe pas bien et Chet n’est pas engagé.

Richard Bock, qui travaille chez Discovery Records (Art Pepper y enregistra le fameux Surf Ride) lui propose de l’enregistrer chez Phil Turetski qui possède un studio d’enregistrement. Le premier quartet est né sans Chet mais avec Jimmy Rowles au piano (qui ne viendra pas à la séance). C’est donc un trio qui est enregistré (Mulligan, Red Mitchell et Chico Hamilton aux drums). Dick Bock pour les enregistrer crée Pacific Jazz Records avec Roy Harte, batteur qui tient le fameux magasin « Drum City » à Hollywood. Pour la séance suivante, Jimmy Rowles vient et appuie la venue de Chet et c’est un quartet quasi classique qui enregistre : Mulligan, Baker, Rowles et Joe Mondragon à la basse. Au Haig, où il n’y a plus de piano (Errol Garner y jouait mais Red Norvo l’a remplacé et le piano a été enlevé), Gerry demande à Chet qui était présent au club de se joindre à eux et le légendaire quartet est né ! L’entente musicale est extraordinaire, baryton et trompette se parlent, se questionnent, se répondent… Le son est beau, le rendu classique et le côté tendre de Chet Baker auréole le groupe d’une aura de délicatesse. Mulligan demande à Dick Bock de l’enregistrer sur son nouveau label, les disques s’enchaînent et font parfaitement ressortir la symbiose existant entre les deux musiciens.

Le premier 17 cms sort avec une très belle pochette signée du saxophoniste Dave Pell.

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Puis le grand (dans tous les sens du terme) photographe William Claxton va faire son entrée chez Pacific Jazz et sera le photographe maison pendant plusieurs années.

Ce quartet historique ne vivra finalement que deux ans 1952-53 et enregistrera également sur Fantasy et Gene Norman Presents.

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Tous les disques du quartet sont très bons et sont également recommandables. Celui avec Lee Konitz, enregistré début 1953, est également intéressant mais surtout pour Lee Konitz eu mieux de sa forme.

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Tous les enregistrements du Mulligan quartet ont été édités par Mosaic, édition épuisée aujourd’hui mais de nombreuses firmes espagnoles ont réédité ces faces sous une forme ou une autre.

Puis Gerry Mulligan sera arrêté et emprisonné pour possession de drogue. Dick Bock flairera en Chet Baker une vedette potentielle et l’enregistrera en quartet qui aura beaucoup de succès puis Chet va chanter… L’Histoire est en marche !

Tous les deux se retrouveront à New York en décembre 1957 pour un nouveau LP Reunion et si le disque est intéressant, il n’est pas du tout au niveau des premiers. L’alchimie ne fonctionne plus. Chacun a suivi son chemin et il n’y a plus d’entente d’autant que celle-ci n’était pas facile à gérer. Gerry est autoritaire avec un ego de leader et Chet est plus dilettante, peu discipliné. Ces deux tempéraments n’étaient a priori pas faits pour s’entendre. Seule la musique parvenait à les rapprocher.

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Ils se retrouveront beaucoup plus tard pour un concert de retrouvailles au Carnegie Hall en 1974, enregistré sur CTI en 2 Lps. Les disques sont assez bons mais ils n’ont pas la magie des premiers enregistrements du quartet.

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