GosT / Non Paradisi + Secret Arcana

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Après avoir mis tout le monde d’accord lors de la sortie de l’album Behemoth (salué aussi bien par la scène synthwave que par une grande partie de la communauté metal), GosT revient en grande forme avec Non Paradisi, toujours sur le label Blood Music et disponible depuis le 30 septembre 2016. La version chroniquée ici est l’édition spéciale accompagnée du Bonus EP Secret Arcana.
James Lollar, plus connu sous son nom de scène GosT, est un producteur de musique électronique basé dans le Michigan, aux Etats-Unis. Son style, qui s’inscrit dans la mouvance darkwave, est à rapprocher d’artistes tels que Perturbator ou Carpenter Brut. Parmi ses plus grosses influences, on peut citer les bandes-son des vieux slashers et films d’horreur tels qu’Halloween de John Carpenter (1978) ou A Nightmare On Elm Street de Wes Craven (1984) mais aussi le black metal des années 1990 et l’électro des années 2000. Depuis 2013, il a sorti plusieurs EP et un premier album intitulé Skull (dont le titre Cursed est présent sur la B.O. du jeu Watch Dogs), suivi début 2014 du mini-album S/T, mais il faut attendre la sortie de Behemoth sur le label Blood Music en avril 2015 pour qu’il fasse véritablement parler de lui. L’album est un petit succès et en septembre 2015, une suite baptisée Non Paradisi est annoncée. Le label finlandais entame alors une promotion de l’album à grands coups d’annonces et de teasers jusqu’à sa sortie le mois dernier. Non Paradisi est un concept album, une adaptation musicale du poème épique Paradise Lost de John Milton. Publié en 1667, cette œuvre fait notamment référence à la tentation d’Adam et Eve par Satan et à leur expulsion du jardin d’Eden. C’est de ce poème qu’est issu le célèbre vers « mieux vaut régner en enfer que servir au paradis ». L’édition spéciale 3LP est certes assez onéreuse mais la finition est vraiment bonne et les bonus sont intéressants. Sobre et élégant, le coffret arbore la fameuse croix inversée, symbole récurrent de l’imagerie satanique et occulte que véhicule GosT. Il contient l’album principal Non Paradisi sous forme de double-LP, un EP bonus intitulé Secret Arcana ainsi qu’un artbook de 16 pages proposant un aperçu des magnifiques illustrations du duo Førtifem Design, inspirées des fameuses gravures du « Paradis Perdu » de Gustave Doré.

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Le couronnement de Baal – Illustration de Førtifem Design et Gustave Doré.

Non Paradisi

Après un Commencement très classique mais terriblement efficace qui rappelle pas mal le Genesee Avenue de l’album précédent, arrive l’excellent Nascency et son ouverture digne des films d’horreur à l’ancienne. Les deux morceaux sont très proches de ce que proposait Behemoth. Le style varie un peu avec Aggrandizement, un morceau beaucoup plus calme et posé qui introduit la voix éthérée et fantomatique de Bitchcraft, qui n’est autre que la compagne de GosT. Le titre suivant, Lake Of Fire, évoque la chute de Lucifer dans le Lac de Feu, un autre épisode important du poème de John Milton. Encore une fois, le morceau est plutôt calme, l’ambiance est sombre et l’influence de John Carpenter et des films d’horreur des années 1980 se fait sentir. Sur le morceau suivant, Supreme, on retrouve Hayley Stewart, déjà présente sur Behemoth. Le morceau déborde de ces sonorités des années 1980, et la basse funky combinée à la voix d’Hayley Stewart rappelle parfois le style de Perturbator. Telle une menace qui refait surface dans un slasher, le ton s’assombrit brusquement sur 4th, un des titres les plus réussis de l’album qui retranscrit l’atmosphère angoissante et les sonorités anxiogènes des vieux slashers et autres films d’horreur des années 1970-80. Arrive alors l’excellent Arise, troisième et dernier featuring de l’album. Porté par la voix de la chanteuse Kriistal Ann, le morceau est très réussi et fait partie de ces titres fortement influencés par Perturbator. Il existe un superbe clip en pixel art réalisé par Valenberg (visible ici) qui décrit la chute de Satan, son ascension, la construction de Pandemonium ou encore le couronnement de Baal. Le morceau est suivi du très violent Maleficarum, qui rappelle encore une fois l’influence de la musique metal chez GosT. Ce titre, qui était le premier de l’album à être dévoilé, dispose lui-aussi d’un clip réalisé par Daniel Schwartz du groupe Astronoid. Le clip, visible ici, rend hommage aux vieux films d’horreur des années 1970 comme Satan’s Blood, The Satanic Rites Of Dracula ou encore The Omen mais puise aussi largement du côté des films plus récents avec notamment The Witch de Robbert Eggers. Vient alors la mélodie macabre et entêtante d’Unum Infernum, suivies d’incantations à Satan qui laissent s’ouvrir les portes de l’enfer. L’album enchaîne avec les basses ronflantes et les synthés agressifs de l’obscur I Am Abaddon qui clôture parfaitement le set.

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Secret Arcana

Tout comme pour l’album The Uncanny Valley de Perturbator (chroniqué ici), l’édition spéciale de Non Paradisi est accompagnée d’un Bonus EP. Intitulé Secret Arcana, ce dernier propose six titres supplémentaires. Les quatre premiers sont des inédits qui complètent l’album principal, et les deux derniers sont des versions extended de titres issus de Behemoth. Through Thine Eyes est une excellente composition qui démarre sur une intro anxiogène digne de John Carpenter. Avec une mélodie simple et accrocheuse et des sonorités 80s/90s qui me rappellent la demoscene Amiga, le morceau Prepotency est une composition très old-school qui fait partie des meilleures surprises de l’album. Amy’s Wager est un autre titre qui retranscrit bien l’atmosphère typique des vieux slashers des années 1980. Le dernier inédit, intitulé Voces, est un bon titre lui-aussi au beat plus posé mais tout aussi horrifique. On redécouvre ensuite le titre Reign In Hell dans une version extended fort sympathique et on découvre avec plaisir le morceau Sacrament au-delà de son intro.

Verdict

Sans surprise, l’album est très bon et surpasse même dans l’ensemble l’excellent Behemoth. Plus intense, moins dansant mais plus sombre encore que son prédécesseur, Non Paradisi est un excellent opus à ne pas manquer pour tous les amateurs de darkwave! Reste que les amateurs de la première heure seront peut-être déçus de voir GosT se rapprocher de plus en plus du style de Perturbator sur certains morceaux, mais au final l’album est plus riche et plus varié.

Liens : La page Bandcamp du label Blood Music / La page Bandcamp de GosT / La page Soundcloud de GosT / Le site Blood Music / Le site Førtifem Design / « Paradise Lost » de John Milton sur Wikipedia / Gustave Doré sur Wikipedia

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