Irving Force / The Violence Suppressor EP

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Disponible sur Bandcamp depuis le 31 mai 2015, le second EP d’Irving Force, baptisé The Violence Suppressor, se présente sous la forme d’une bande originale de film d’action/cyberpunk dans la plus pure tradition des classiques des années 80 et du début des années 90. Avec cet album, le suédois peaufine son style, entre la scène retro synthwave et la musique metal.
Apeine six mois se sont écoulés depuis le premier album d’Irving Force (Undercover EP, voir la chronique ici), on retrouve toujours ce son à base de synthés vintage, de beats old school et de distorsions de guitares, mais on sent que le style d’Adam Skog s’affine, les morceaux sont plus travaillés. Cet EP de seulement quatre titres est une vraie réussite. Là où le premier album, pourtant déjà très bon, se cherchait et partait quelquefois dans beaucoup de directions, The Violence Suppressor EP semble mieux maîtrisé et largement plus cohérent dans son ensemble. Cette meilleure cohésion est aussi sans doute due au fait que ce deuxième EP a été imaginé comme une B.O. de vieux films action/science-fiction typés années 80. On pensera notamment à de nombreux films de John Carpenter (Assault On Precinct 13, Escape From New York, Invasion Los Angeles), à l’éternel Blade Runner de Ridley Scott, ou plus récemment au film Dredd (de Pete Travis) au niveau des influences. Le film The Violence Suppressor n’existe pas mais Adam Skog a malgré tout réalisé une bande-annonce officielle (visible ici) qui vaut vraiment le coup d’œil. Pour ceux qui n’auraient pas compris l’univers d’Irving Force, cette vidéo (sortie le 13 décembre 2015) en est un excellent résumé. On y découvre donc un univers cyberpunk sombre et violent avec des méchants volontairement caricaturaux, dans lequel Irving Force (campé par Adam Skog lui-même) fait régner la loi de manière plutôt brutale. On notera au passage la référence old-school à Commodore et aussi la référence à Kung Fury (un court-métrage réalisé en 2015 par David Sandberg, un autre suédois) à la fin de la vidéo. Kung Fury (que vous pouvez voir ici) est lui-même une parodie/hommage aux films d’action décérébrés des années 80.

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L’album nous propose donc de suivre Irving Force à travers les ruelles mal famées d’une cité rétro-futuriste. Le morceau d’ouverture, Sewer Wars, est un parfait exemple du style musical d’Adam Skog et nous plonge immédiatement dans cet univers cyberpunk sombre et dangereux. On y retrouve ces synthés typiques des années 80, ces gros beats bien lourds et ces violents riffs de guitare. Un morceau vraiment énorme à écouter volume à fond ! Vient ensuite Population Control Unit : MK-12, une composition rétro-futuriste très réussie dans laquelle on retrouve beaucoup de sonorités qui rappellent les films de science-fiction à l’ancienne mais aussi les jeux vidéo. A mi-chemin, le beat prend son souffle un moment avant de revenir accompagné d’un solo de saxophone à l’ancienne pour un final savoureux (dans le même esprit que celui qu’on retrouvait sur le morceau Paradise Warfare de Carpenter Brut, dont on a déjà parlé ici). Crime Scanner est peut-être le titre de l’album que je préfère (c’est également ce morceau qu’on retrouve à la fin de la bande-annonce officielle, lorsque notre justicier badass descend Kung Fury après lui avoir envoyé une bonne réplique), on reconnaît bien la patte d’Irving Force à base de gros riffs bien gras, de distorsion et de beats ravageurs. La voix synthétique qui répertorie les différentes catégories de crimes rappelle évidemment l’univers de Judge Dredd, une référence qui revient décidément souvent chez le suédois. Et on termine en beauté avec Gridlock Shootout, une autre excellente composition mettant en scène l’habituelle grosse fusillade qui clôture tout bon film d’action. On retrouve notre justicier, plus badass que jamais, qui descend la vermine à tour de bras sur un beat ultra efficace qui démarre lentement et qui accélère progressivement au rythme des gunfights.

Kung-Fu, huh ? Well, Kung F-U !

The Violence Suppressor EP est donc un album extrêmement recommandable, et déjà une référence pour les amateurs de retro synthwave avec une petite touche metal. L’EP est plus court que le précédent et propose un nombre réduit de compositions, mais toutes sont très réussies et maîtrisées de bout en bout. Si vous ne connaissez pas encore Irving Force, il est vraiment grand temps de s’y intéresser !

Liens : La page Bandcamp d’Irving Force / La page Soundcloud d’Irving Force / Une interview d’Irving Force sur Neon Dystopia

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