Irving Force / Undercover EP

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Le suédois Irving Force signe avec cet Undercover EP, disponible en téléchargement depuis le 4 janvier 2015 sur Bandcamp, ses débuts dans la musique électro/retro synthwave, un genre musical fortement influencé par la science-fiction tendance cyberpunk et l’esthétique des années 80. Un genre musical qui a décidément la cote en ce moment.
Baignant dans la musique depuis une dizaine d’années, en tant que membre du groupe de métal Vapenlicens et chanteur du groupe de doom/black metal Vanhävd, Adam Skog alias Irving Force se lance en 2015 dans des productions électro très eighties, proches du mouvement retro synthwave (un genre qui connaît une forte popularité aujourd’hui, notamment grâce au succès des jeux vidéo Hotline Miami et Hotline Miami 2 : Wrong Number, avec leurs bandes sons de folie qui ont mis en avant des artistes comme Perturbator ou Carpenter Brut), et sort un premier album plutôt convaincant. La pochette définit clairement l’ambiance avec ces lumières perdues dans la nuit et ce logo old school qui rappelle ceux des films d’action des années 80. Cette esthétique à base de couleurs flashy et de gros dégradés emprunte également pas mal aux jeux vidéo et à la demoscene. Irving Force cite parmi ses influences des compositeurs comme Cliff Martinez (plus particulièrement pour la B.O. de Contagion, que l’on peut écouter ici), Jan Hammer (surtout connu pour son travail sur la série télé Miami Vice) et évidemment l’immense John Carpenter. Tangerine Dream fait aussi partie de ses références. Son univers est largement inspiré par le cyberpunk, les jeux vidéo, les comics (principalement 2000 AD, dans lequel est apparu le personnage de Judge Dredd créé par John Wagner et Carlos Ezquerra) et bien sûr le cinéma avec des films comme Hardware (de Richard Stanley, 1990) ou Dredd (de Pete Travis, 2012).

I never broke the Law, I am the Law

L’album commence avec l’excellent Meat Grinder City, sur lequel on ressent particulièrement l’influence du film Dredd. Adam Skog le cite d’ailleurs aux côtés d’Assault On Precinct 13 de John Carpenter (1976) comme influence principale pour ce morceau. Cette entrée en matière est un parfait mélange de retro synthwave, d’électro et de rock, le tout dans une atmosphère cyberpunk très eighties. Arrive ensuite Night Patrol, un très bon titre dominé par un beat résolument rétro et de superbes nappes de synthés. Les arrangements sont réussis et on notera l’apparition d’un saxophone bien vintage sur la fin. Le morceau Constructing Androids balance un rythme robotique bien dark baigné de sonorités industrielles. La mélodie et les synthés typiquement eighties donnent encore une appréciable touche rétro. Stakeout envoie à son tour un bon beat old school après une courte intro et une mélodie entêtante, le ton s’assombrit avec l’arrivée des riffs de guitare dans une deuxième partie nettement plus rock, avant de s’éclaircir à nouveau pour un final assez réussi bien qu’un peu bruyant. Irving Force avoue dans une interview que les sons de guitares synthétiques à base de grosse distorsion qu’il utilise rappellent ceux qu’on entendait dans de nombreux jeux vidéo de l’époque 16-bit. Le morceau Tech Scavengers, lui, a été composé après une session de jeu sur l’excellent Alien Isolation (développé par Creative Assembly). Un bon titre également, dans une ambiance rétro futuriste sombre, ponctuée de violents riffs de guitare caractéristiques du style Irving Force. On termine la traversée de cet univers cyberpunk avec Devoured By The Sunrise, un morceau relaxant qui clôt plutôt bien cette petite sélection.

Conclusion

Fidèle à ses origines metalleuses et puisant principalement son inspiration dans la SF et les années 80, Irving Force parvient à trouver son style. Tout en restant dans l’ensemble assez classique, ce premier EP est réellement encourageant et donne un bon aperçu du potentiel d’Irving Force. La scène retro synthwave a assurément de beaux jours devant elle.

Liens : La page Bandcamp d’Irving Force / La page Soundcloud d’Irving Force / Une interview d’Irving Force sur Neon Dystopia

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