Leroy Smart / Dread Hot In Africa

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Relativement peu connu en France, Leroy Smart fait partie, aux côtés de Gregory Isaacs, Jacob Miller ou encore Dennis Brown des grandes figures de la scène musicale jamaïcaine. Auteur de nombreux albums, nous allons nous intéresser à l’un des meilleurs d’entre-eux, le fameux Dread Hot In Africa, sorti en 1977 sur le label Burning Sounds, et récemment réédité au format vinyle.
Né en 1952 à Kingston (Jamaïque), Leroy Smart devient orphelin à l’âge de deux ans. Rapidement, il intègre les bancs de l’Alpha Boys’ Catholic School, d’où sont issus beaucoup de grands artistes jamaïcains tels que Don Drummond, Tommy McCook, Leroy « Horsemouth » Wallace ou encore Yellowman pour ne citer qu’eux. C’est au sein de cette école mythique qu’il développera ses talents dans le domaine musical, apprenant entre autres le chant, la batterie mais aussi la danse. Celui que l’on surnomme « The Don » (un surnom qu’il doit à son côté badman/gentleman) débute sa carrière musicale en 1969 avec la sortie de son premier single, It Pains Me. Il rencontre ensuite Gussie Clarke pour qui il enregistre en 1970 la première version du morceau Pride & Ambition qui deviendra par la suite Shame & Pride. Le premier véritable succès arrive en 1973 avec le titre Mother Liza, produit par Jimmy Radway et paru sur le label Fi Mi Time. Il enregistre un peu plus tard un autre gros succès, Ballistic Affair, produit par Joseph Hoo Kim à Channel One. Il se rapproche ensuite de Bunny Lee et de cette collaboration naît l’excellent album Superstar, sur lequel on retrouve le classique Shame & Pride. A partir de 1977, Leroy Smart décide de s’auto-produire et sort les albums Dread Hot In Africa et Impressions Of Leroy Smart. Il réitère l’année suivante avec Jah Loves Everyone et Propaganda. Ces albums sont tous sortis en Angleterre sur le label Burning Sounds, et de l’aveu même de Leroy Smart, « Dread Hot In Africa est une véritable bombe ! » Du côté des musiciens, on retrouve les Aggrovators et les Revolutionaries (avec entre autres les légendaires Sly Dunbar et Robbie Shakespeare), groupes de session habituels des studios Channel One et King Tubby’s. L’album avait déjà été réédité en 2006 par le label français Makasound, accompagné pour l’occasion de quatre titres supplémentaires. La réédition qui nous intéresse aujourd’hui est la version originale (pas de titres bonus ici) ressortie il y a peu et qui conserve la pochette de l’époque.

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Mister Smart

L’album commence avec un emballant Jah Jah Forgive Them, un superbe morceau où l’on reconnaît immédiatement cette rythmique et cette batterie typique du style Channel One, avant d’enchaîner sur Beautiful Rainbow (les fameuses couleurs « red, green and gold »), un très bon morceau qui offre des cuivres magnifiques et profondément roots. Africa est une autre pépite de l’album, avec un Leroy Smart au sommet de son art. Le riddim utilisé pour ce morceau n’est autre que celui de l’excellent Fire In A Kingston de Vivian Jackson alias Yabby You & The Prophets. Sur le morceau suivant, Babylon Wicked, Leroy Smart s’en prend à Babylone et à ses mensonges, dans la plus pure tradition rasta. Vient ensuite le plus léger I Love You Girl, qui nous rappelle que « The Don » est aussi  un séducteur. La première face se termine alors sur Love In My Heart, un autre sympathique morceau aux cuivres encore une fois particulièrement efficaces. La face B s’ouvre sur African Woman, une déclaration d’amour à la femme noire, suivi d’un autre morceau aux paroles toujours largement empreintes de philosophie rasta intitulé Give Jah Praises. Arrive alors un autre incontournable de l’album avec le titre suivant, le sublime No Love, que l’on retrouve au passage dans une version dub de toute beauté sur la compilation King Tubby & Friends – Dub Gone Crazy sortie par Blood And Fire. Le morceau est excellent, Leroy Smart fait définitivement partie des plus grands et la musique est envoûtante avec une basse bien lourde et de superbes cuivres. On reconnaît encore bien le style Channel One (cette basse entêtante et cette batterie caractéristique) sur le morceau suivant, Love Everyone. Sur un rythme plus lancinant, Leroy Smart se déhanche une dernière fois sur Just Tell Me avant d’exploser sur le plus gros titre de l’album, l’excellentissime Mr Smart, sur lequel il n’hésite pas de nous rappeler que sous ses allures de badman, il est « un homme au grand cœur », un riddim sublimé par un King Tubby très inspiré. Dillinger a signé une sympathique version de ce classique intitulée Mickey Mouse (Crab Louse), sortie en 1978 sur Jamaica Sound, un autre label anglais.

Authentique

Bien que cet excellent album d’un Leroy Smart à son apogée avait déjà été réédité par Makasound il y a quelques années, le repressage par Burning Sounds (le label original) est vraiment bienvenu pour les amateurs de reggae roots et de vinyles. Le label anglais propose aussi Dread Hot In Africa au format CD, accompagné pour le coup de Propaganda, un autre excellent album du « Don » sorti en 1978 et aujourd’hui plutôt difficile à trouver à un prix raisonnable.

Liens : Leroy Smart sur Roots-Archives / L’album Dread Hot In Africa sur Juno Records / Le CD Dread Hot In Africa + Propaganda sur Dub Vendor

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