Les « petits maîtres » de la West Coast : Jack Millman

Dans cette série de portraits de jazzmen de la West Coast des années 50, j’avais envie d’évoquer les « petits maîtres », surnommés ainsi parce que ne jouant pas dans le cour des grands mais restant bien souvent très intéressants.
Avec le développement du LP dans les années 50, les firmes vont se multiplier et enregistrer à tour de bras, pas seulement des vedettes mais aussi des groupes moins connus, des « sidemen » qu’on ne voit pas, des chanteuses et chanteurs peu connus à l’époque et oubliés aujourd’hui. Jack Millman est de ceux-là. Trompettiste et bugliste méconnu, également compositeur et arrangeur, Millman, en ces années là, est un artiste ambitieux courant les clubs et les orchestres : Stan Kenton, Perez Prado, … Il prend également des leçons avec Shorty Rogers (dont on parle ici).

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En mai et juin 1955, Jack Millman enregistre son premier disque sous l’étiquette Decca dans la série « Jazz Studio ». C’est le quatrième de la série. Le gotha de la West Coast est présent, notez bien : Bob Gordon, Shorty Rogers, Conte Candoli, Curtis Counce, Chico Hamilton, Jack Montrose, Buddy Collette, Bob Enevoldsen, Herb Geller, Jimmy Giuffre, etc. Des groupes à géométrie variable, des compositions de Jack Millman et des arrangements de lui-même mais aussi de Johnny Mandel, Gene Roland, Pete Rugolo, Jimmy Giuffre, Shorty Rogers, etc. Bref, tout est réuni pour faire de ce disque un emblème de la West Coast et c’est réussi ! Réédité chez LoneHill dans la série « The John Graas Project », au Japon sous sa pochette originale et par Fresh Sound Records sous le titre Jack Millman & his All Stars dans la série « The Real West Coast Jazz », c’est un disque très intéressant à la fois pour ses arrangements et pour ses combinaisons instrumentales.

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L’année suivante, en mars, il enregistre trois titres en quintet avec entre autres Linn Halliday et Don Friedman qui ne seront publiés qu’en 1996 sur Fresh Sound Records avec la session Blowing Up A Storm enregistrée pour Era (petit label californien) en novembre de la même année. Cette session voit Jack Millman associé à Don Friedman, Don Paterson à la basse et Ray Tiedel aux drums. Jack et Don signent quelques originaux. Don Friedman est un pianiste très intéressant qui enregistra en trio sur le label Riverside une série de disques de jazz contemporain, inscrits dans la modernité des années 60.

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En juillet 1957, Jack Millman enregistre son dernier disque west-coastien pour le label Liberty dans la série « Jazz Unlimited ». Son titre : Shades of Things to Come. Il est entouré de Jimmy Giuffre, Buddy Collette, Bob Harrington au piano, Larry Bunker ou Frankie Capp aux drums et Harry Babasin à la basse. Peut-être son  meilleur disque ! Millman, même s’il n’a pas une technique flamboyante, est un bon trompettiste qui sait s’entourer de très bons musiciens. Sur ce disque, les arrangements sont excellents, le jeu est toujours clair et détendu, les originaux ou les standards sont bien choisis et bien interprétés. Encore un bon disque de West Coast jazz !

Par la suite, il composera la musique de films érotiques tels que The Black Alley Cats (1973), The Dicktator (1974) ou encore Deep Jaws (1976). C’est également lui qui inventera le premier juke-box vidéo, toujours dans les années 70.

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