Marina P / My Homeys

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Revenons cette semaine sur le premier album solo de Marina P. Avec My Homeys, publié sur son propre label le 18 novembre 2013, l’italienne livre dix morceaux dont de nombreuses collaborations avec des producteurs de la scène dub européenne tels que Jahtari, Mungo’s Hi-Fi ou Stand High Patrol.
Née en Italie, Marina Peloso a été bercée dans son enfance par le jazz et la black music. Très jeune, elle commence à chanter et intègre rapidement des formations reggae. Par la suite, elle se penche sur l’écriture de ses propres chansons. Sensible à différents styles de musique, du jazz de Billie Holiday ou Sarah Vaughan au reggae de Bob Marley ou Peter Tosh, Marina P puise également son inspiration dans les années 90 empruntant au hip hop (Fu-Gees, Erykah Badu), au trip hop (Massive Attack, Portishead) et aussi à l’électro avec des artistes comme Björk dont elle avoue être une grande admiratrice. C’est en France, où elle réside depuis plus de dix ans, qu’elle découvre l’univers des soundsystems après avoir travaillé avec le groupe Surviv’All. Marina P, active sur la scène dub digital depuis maintenant plusieurs années, parvient à se faire un nom en 2007 avec le titre Divorce à l’Italienne, une petite bombe ska concoctée par les écossais de Mungo’s Hi-Fi (un excellent titre que vous pouvez écouter ici). Après plusieurs singles, elle publie finalement en 2013 ce premier album sur son propre label créé pour l’occasion, My Homeys Records. Le disque, naturellement baptisé My Homeys, dépasse les frontières du reggae traditionnel. Certains titres flirtent allégrement du côté de la soul, du jazz ou du trip hop et au niveau des collaborations, l’album est particulièrement généreux. On retrouve en effet de grandes figures de la scène dub européenne à la production de nombreux titres comme les allemands de Jahtari, le label de Jan Gleichmar (dont on parle ici), les brestois du Stand High Patrol avec qui Marina P collabore régulièrement ou encore les écossais de Mungo’s Hi-Fi. Ces derniers lui ayant permis de se faire un nom, Marina P en profite pour leur renvoyer l’ascenseur en choisissant le titre Chinatown (produit par Mungo’s Hi-Fi) comme premier single de l’album.


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Reggae à l’Italienne

Le premier titre de l’album, Free Me, est le fruit d’une collaboration entre la chanteuse italienne et le label de Jan Gleichmar qui signe un instrumental reggae aux influences soul et hip hop sur lequel se pose la voix très soul de Marina P. Vient ensuite une version du Woman Of The Ghetto de Marlena Shaw, gros classique du répertoire reggae, que Marina P interprète brillamment. Le titre est l’une des trois productions Homeys de l’album. Autre production de Homeys justement, le morceau suivant intitulé Show Me combine dub, électro et influences diverses pour un résultat original et réussi (un clip officiel est visible ici). Le titre suivant, le fameux Chinatown, est le premier single issu de l’album. Produit par les inépuisables écossais du Mungo’s Hi-Fi, le morceau est accompagné d’un clip fort sympathique (visible ici) et fait clairement partie des tueries de l’album. La première face se termine sur une autre petite pépite, le titre Homeland, produit par Dj Madd, une excellente composition orientée dub UK. La face B s’ouvre sur Youth, une étrange production Step-Art électro/pop qui risque de déboussoler les amateurs de reggae classique. Les brestois du Stand High Patrol déboulent ensuite avec un riddim plus traditionnel sur le titre Inna Summertime. La voix soul et jazzy de Marina P est parfaitement à l’aise sur ce riddim old-school. S’inspirant de la chanson Ain’t Got No (I Got Life) de Nina Simone, le titre I Got, produit par Ondubground sur le label Onsfoudkilao, est un autre morceau mêlant reggae, soul et hip hop, un mélange des genres qui convient parfaitement au style de l’italienne (un clip officiel est visible ici). Produit par Soul Vybes, l’excellent Soulless est le seul morceau live (le reste de l’album étant complètement digital) et pour l’occasion on retrouve les légendaires Sly Dunbar & Robbie Shakespeare au combo batterie/basse. Mention spéciale au refrain à base de « oh la la » qui rappelle les Fu-Gees et leur « ooh-la-la-la » lui-même emprunté à Teena Marie. My Homeys termine en beauté avec One For You, une version du Heavenless Riddim, classique du dancehall jamaïcain des années 1980, présentée ici en version « extended » dans un pur style rub-a-dub !

Verdict

My Homeys est sorti depuis un petit moment déjà, mais il n’est jamais trop tard pour le découvrir si, comme moi, vous étiez passé à côté à sa sortie. Bénéficiant de nombreuses collaborations de qualité et de compositions particulièrement soignées, ce premier album de Marina P est un parfait condensé des différentes influences musicales de l’italienne à la voix soul et jazzy caractéristique.

Liens : La page Soundcloud de Marina P / La page Soundcloud du label Homeys Records / Le site Homeys Records

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