Perturbator / Dangerous Days

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Après deux albums et plusieurs EP parus en 2012, James Kent alias Perturbator sortait l’excellent EP Sexualizer (en juin 2013 chez Aphasia Records) pour nous faire patienter jusqu’à la sortie de son troisième album. Cette fois, il signe chez les finlandais de Blood Music et publie, en juin 2014, le tant attendu Dangerous Days.
Beaucoup ont découvert Perturbator grâce à la Bande Originale de l’incontournable Hotline Miami, jeu vidéo ultraviolent de Dennaton Games qui s’inspire beaucoup du film Drive sorti en 2011, tant pour l’ambiance que pour la musique. Le son de Perturbator, qu’il qualifie lui-même de « dark, rétro-futuriste, inspiré par les années 80 », s’inscrit dans le mouvement retro synthwave, mouvement qui a pris de l’ampleur ces dernières années, notamment grâce au succès du jeu indépendant édité par Devolver Digital en 2012. James Kent s’inspire beaucoup des eighties, des compositions de John Carpenter, d’artistes comme Power Glove ou Kavinsky (auteur du morceau Nightcall que l’on retrouve dans la B.O. du film Drive de Nicolas Winding Refn, 2011), ou encore de la bande son de Blade Runner (Ridley Scott, 1982) signée Vangelis. La magnifique pochette réalisée par Ariel Zucker-Brull nous plonge directement dans cet univers cyberpunk noir et glauque, à l’image des ruelles de Nocturne City. Ce Dangerous Days baigne dans une atmosphère rétro-futuriste très eighties, faite de beats ravageurs et de grosses nappes de synthés vintage.

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Retour à Nocturne City

L’album s’ouvre sur l’intro Welcome Back immédiatement suivie d’un Perturbator’s Theme, assez classique mais terriblement efficace, qui met d’entrée une petite claque et laisse augurer que du bon pour la suite. Raw Power est un titre bien rétro avec sa basse bien dark et ses synthés très eighties. Puis arrive Future Club, un excellent titre présent sur la B.O. du jeu Hotline Miami 2 : Wrong Number, qui sonne comme un hymne cyberpunk. War Against Machines, un morceau plus calme et contemplatif, semble clairement inspiré de Terminator 2 : Judgment Day (ce rythme « industriel » qui claque comme dans le thème principal du classique de James Cameron). La voix d’Isabella Goloservic, qu’on avait déjà pu croiser sur l’album I Am The Night (2012), fait son apparition sur Hard Wired, un titre sombre et mélancolique plus orienté pop/synthwave. Vient ensuite She Is Young, She Is Beautiful, She Is Next, un titre frénétique au beat ravageur. Ce single accompagnant la sortie de l’album est accompagné d’un clip dans un style jeu vidéo old school très réussi (que l’on peut voir ici).Toujours du très bon pour la suite avec le très réussi Humans Are Such Easy Prey, qui s’ouvre sur une citation du film culte The Terminator (de James Cameron, 1984). Le titre suivant, Minuit, ramène un peu de calme après ce déchaînement avec les voix apaisantes des Dead Astronauts, un morceau entre les sonorités de la B.O. de Blade Runner et le retro new-wave. On repart sur de l’électro plus sombre avec ce Satanic Rites et son ambiance glauque ponctuée de sexe et de violence. Carpenter Brut rejoint Perturbator sur un Complete Domination fort réussi sur lequel on retrouve la patte de chacun des deux artistes. Enfin, on se laisse bercer par la douce mélodie planante électronique de Last Kiss, avant le magnifique final de 12 minutes qui donne son titre à l’album. Dangerous Days conclue donc cet excellent LP, et résume à lui seul le son de Perturbator et la tonalité de cet album.

Conclusion

Ce Dangerous Days se hisse d’ores et déjà au rang de classique avec cette éblouissante bande son rétro-futuriste dans un univers post-apocalyptique sombre et violent, un album qui ne manque clairement pas de cohésion, enchaînant les réussites du premier au dernier morceau. Une bonne synthèse de l’œuvre de Perturbator pour cet album que l’on peut considérer comme le plus abouti de l’artiste.

Liens : Le site officiel de Perturbator / La page Bandcamp de Perturbator / La page Soundcloud de Perturbator / Le site Blood Music / Le blog d’Ariel Zucker-Brull

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