Snoop Doggy Dogg / Doggystyle

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Avec The Chronic de Dr Dre sorti en 1992 sur lequel Snoop Doggy Dogg est déjà largement présent, l’album Doggystyle, paru en novembre 1993 toujours chez Death Row Records, est l’autre grand classique du son westcoast et du G-Funk. Retour près de vingt-cinq ans après sa sortie sur cet album légendaire.
Doggystyle est le premier album solo de Snoop Doggy Dogg, protégé de Dr Dre qui s’est fait connaître en apparaissant aux côtés du docteur sur la bande originale de Deep Cover en 1991 et sur près de la moitié des titres de l’incontournable The Chronic, publié sur le label Death Row Records l’année suivante. Tout commence très bien pour le jeune rappeur de Long Beach au flow nonchalant mais il est bientôt rattrapé par la justice pour une histoire de meurtre. Selon Marion « Suge » Knight, l’autre tête de Death Row, « il n’y avait alors qu’un seul morceau d’enregistré » au début de l’affaire. « Tout le monde pensait qu’il irait en prison » mais finalement, ces événements contribuent à la promotion de l’album et à renforcer l’image de bad boy de Calvin Cordozar Broadus alias Snoop Doggy Dogg, qui en profitera même pour consacrer tout un morceau à cette affaire : Murder Was The Case. A sa sortie, en novembre 1993, l’album Doggystyle (« levrette ») se retrouve directement en tête du billboard, une première pour un album de rap ! Musicalement, le disque est impressionnant, Dr Dre est toujours aux commandes et ça se ressent ! Doggystyle est le pur prolongement de l’album The Chronic et on retrouve un fois encore de très nombreux featurings avec entre autres Dat Nigga Daz et Kurupt (Tha Dogg Pound), Nate Dogg ou encore The Lady Of Rage pour ne citer qu’eux. Les singles Who Am I (What’s My Name?) et Gin And Juice connaissent un énorme succès et demeurent aujourd’hui encore d’indémodables classiques du G-Funk. Ce que beaucoup de gens ne savent pas à propos de l’album Doggystyle, c’est qu’il s’agit d’un disque inachevé. Le label Death Row Records prenait son temps pour peaufiner l’album si bien que les distributeurs ont menacé d’annuler leurs commandes s’ils ne recevaient pas l’intégralité de l’album rapidement, obligeant Dr Dre à boucler le tout en deux jours, laissant de côté quelques titres. Parmi ces « lost tapes », on trouve une autre version de What’s My Name? et d’autres titres avec The Lady Of Rage notamment. Le grand absent de l’album est le titre éponyme Doggystyle, un titre très funky avec George Clinton et Jewell qui a sans doute été écarté de la playlist finale car pas assez gangsta par rapport au reste de l’album. On retrouvera ce morceau en 2009 sur la compilation Death Row – The Lost Sessions Volume 1. Autre petite anecdote à propos de l’album, la pochette (presque aussi culte que l’album) a été dessinée par Joe Cool, le cousin de Snoop.


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Dr Dre et Snoop Doggy Dogg. Photo de Mark Seliger.

Laid back

L’intro dévoile un Snoop Doggy Dogg bien accompagné dans une scène typique de la « gangsta life » sur fond de classiques soul/funk. L’album commence réellement avec G Funk Intro, titre sur lequel The Lady Of Rage ouvre les hostilités avec une excellente prestation. Puis vient l’énorme Gin And Juice, où Snoop Doggy Dogg déboule enfin accompagné de Jewell et Dat Nigga Daz. Dr Dre utilise un sample du morceau I Get Lifted de George McCrae sur ce titre qui reste sans doute le plus gros hit de Snoop Dogg. Tha Shiznit est le seul titre sans featuring de l’album et Snoop Dogg déballe son flow si particulier sur cet excellent instrumental toujours signé Dr Dre, mention spéciale à la flûte jazzy ! Sans aucun doute l’un de mes titres favoris de Doggystyle. Sur Lodi Dodi, Snoop Doggy Dogg invite Nancy Fletcher sur un remake G-Funk du La Di Da Di de Slick Rick et Doug E Fresh, un classique de 1985. Arrive alors Murder Was The Case (DeathAfterVisualizingEternity), inspiré de l’affaire d’homicide dans laquelle Calvin Cordozar Broadus était plongé. Le beat est plus sombre et terriblement efficace, encore un très bon titre de l’album ! On retrouve aussi Nancy Fletcher et son compère Dat Nigga Daz. Serial Killa est une autre tuerie de l’album, avec Tha Dogg Pound (Dat Nigga Daz et Kurupt) mais aussi RBX (en grande forme) et The D.O.C. en featuring. Une autre réussite de l’album et le beat est excellent encore une fois ! C’est ensuite au tour du méga-classique Who I Am (What’s My Name?), premier single de l’album et succès planétaire même au-delà du cercle classique du hip hop. Le beat signé Dr Dre qui apparaît également sur le titre utilise un sample du légendaire Atomic Dog de George Clinton. Snoop Dogg s’éclipse le temps du titre For All My Niggaz And Bitches qui présente d’autres gros talents de l’écurie Death Row, à savoir Kurupt (qui signe ici une de ses meilleures prestations) et Dat Nigga Daz du Dogg Pound ou encore The Lady Of Rage qui s’occupe du dernier couplet. Le titre suivant intitulé Ain’t No Fun (If The Homies Can’t Have None) fait encore une belle part aux featurings avec Kurupt (décidément très bon), Nate Dogg et aussi Warren G, sur un autre excellent beat à base de violon et d’une bonne basse bien grasse. Snoop Dogg ramène ensuite The Dramatics sur le smooth et funky Doggy Dogg World, accompagné de l’excellent Tha Dogg Pound et Nancy Fletcher. Le très bon Gz And Hustlaz propose un beat original, différent des beats G-Funk du reste de l’album et basé sur le hit Haboglabotribin de Bernard Wright. Gz Up, Hoes Down, qui utilise un sample du titre The Look Of Love d’Isaac Hayes, était présent uniquement sur les premiers pressages et a depuis disparu de la tracklist pour des raisons de droit. Le dernier morceau, Pump Pump, est une petite claque lui aussi. Sur un autre excellent beat du docteur, Snoop Doggy Dogg conclue l’album avec classe, accompagné du style plus hardcore de Lil’ Malik.

Verdict

Doggystyle est un disque incontournable, un classique du rap californien. Excellent du début à la fin, rien n’est à jeter et on retrouve de nombreux titres qui deviendront des classiques du G-Funk. Snoop Doggy Dogg reviendra en 1996 avec Tha Doggfather mais, privé des beats de Dr Dre, il ne réitérera jamais le succès de ce Doggystyle qui reste l’un des plus grands albums de rap de tous les temps, celui qui a propulsé Snoop Doggy Dogg au sommet et placé Dr Dre en tant que producteur incontournable.

Liens : Le site officiel de Snoop Dogg / La page Youtube de Snoop Dogg / La page Soundcloud de Snoop Dogg / Le site officiel de Dr Dre / La page Youtube de Dr Dre

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