Sugarhill Gang / Rapper’s Delight

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Rapper’s Delight est un morceau légendaire du Sugarhill Gang, sorti en 1979. Souvent considéré (à tort) comme le premier single rap de l’histoire, le titre, qui s’est écoulé à 2 millions d’exemplaires aux Etats-Unis, reste néanmoins le premier succès commercial de ce style musical émergent, celui qui a donné de la visibilité au genre et ouvert la voie à de nombreux artistes hip hop.
Tout commence avec Sylvia Robinson, chanteuse rhythm and blues et propriétaire d’un petit label, Sugar Hill Records. Lorsque celle-ci fait la découverte du rap en juin 1979 par le biais des « block parties » à New York, elle est impressionnée par ce nouveau courant musical naissant, et décide de s’y intéresser. Elle tente aussitôt d’approcher les pionniers du genre, mais n’arrive pas à les convaincre d’enregistrer pour elle. C’est par l’intermédiaire de son fils Joey que Sylvia Robinson recrute Henry Jackson (Big Bank Hank), Guy O’Brien (Master Gee) et Michael Wright (Wonder Mike), et leur propose de signer un contrat. Le trio assemblé pour l’occasion est alors baptisé The Sugarhill Gang en référence au label.

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Le Sugarhill Gang au complet avec de gauche à droite Henry Jackson (Big Hank), Guy O’Brien (Master Gee) et Michael Wright (Wonder Mike).

Le morceau Rapper’s Delight, premier titre du groupe, paru le 16 septembre 1979, reprend l’instrumentation du hit Good Times de Chic (sorti en juillet 1979, ce titre, que l’on peut écouter ici, est le deuxième #1 du groupe de Nile Rodgers et Bernard Edwards après Le Freak l’année précédente). Cet excellent morceau, magnifié par une superbe ligne de basse signée Bernard Edwards, sera abondamment samplé dans le milieu du hip hop et influencera même d’autres genres musicaux, le tube Another One Bites The Dust de Queen s’en inspirant largement par exemple. Ici, le morceau original n’est pas samplé mais bel et bien intégralement réinterprété en studio (un procédé qui sera baptisé plus tard « replay ») par le groupe Positive Force, une formation funk du label Sugar Hill Records. La chanson a été enregistrée en une seule prise et il existe trois versions : une version longue 12″ (15:00) accompagnée de la version courte (6:30) et enfin une version single 7″ (4:55). Les paroles de Rapper’s Delight sont « assez légères » selon Wonder Mike qui affirme que son intention était surtout de dépeindre le groupe prenant du bon temps, une approche qui leur vaudra d’ailleurs certaines critiques du milieu rap, qui se préoccupe déjà à l’époque de thèmes plus « graves ». Le succès soudain de ce « trio d’amateurs » suscitera également une certaine animosité à leur égard.

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Pour la petite histoire, le morceau Rapper’s Delight n’est pas véritablement le premier single rap à être sorti. Le groupe Fatback (anciennement Fatback Band), originaire de New York, est une formation disco/funk auteur de plusieurs hits tels que (Do The) Spanish Hustle, I Like Girls, Gotta Get My Hands On Some (Money) ou encore Backstrokin’. Intrigué par la scène « B-Boy » qui émergeait alors dans le Bronx à cette époque et sentant le potentiel de cette nouvelle musique, Fatback décide de louer les services de Tim Washington, alias King Tim III, un DJ radio, pour apporter une touche de modernité à leurs shows. Devant le succès rencontré, ils décident d’enregistrer un titre ensemble et le 29 août 1979, le label Spring Records publie le single disco/funk You’re My Candy Sweet, avec en face B le fameux morceau King Tim III (Personality Jock) qui n’est donc rien de moins que le premier véritable enregistrement rap de l’histoire. Le titre, issu de l’album Fatback XII, reflète bien l’ambiance et l’enthousiasme qui se dégageaient de ces « block parties » et connaît un succès immédiat qui sera bientôt oublié avec l’arrivée du Sugarhill Gang et de leur légendaire hit Rapper’s Delight quelques mois plus tard.

Rapper’s Delight sort donc le 16 septembre 1979 et se place #36 du Billboard Hot 100, atteignant plus de 2 millions de singles vendus aux Etats-Unis, ce qui est un succès colossal pour un style alors à ses balbutiements, et ce qui explique aussi pourquoi l’histoire a oublié King Tim III (Personality Jock). Bien qu’il ne s’agisse pas du premier single rap à proprement parler, Rapper’s Delight est le premier véritable succès de ce nouveau genre musical, et reste à ce jour un morceau fondateur et tout simplement l’un des morceaux les plus emblématiques du mouvement hip hop.

Liens : Ecouter le morceau Rapper’s Delight par The Sugarhill Gang / Ecouter le morceau King Tim III (Personality Jock) par The Fatback Band / Ecouter le morceau Good Times de Chic

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