The Temptations / Cloud Nine

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Durant les années 1960 et jusqu’au début des années 1970, The Temptations constituaient le plus grand groupe vocal masculin du label Motown. Ils ont signé d’innombrables classiques, dont certains ont été abondamment repris. Sorti le 17 février 1969, le LP Cloud Nine, 9ème album studio des Temptations, marquait la naissance d’un nouveau son pour le label de Detroit, la « psychedelic soul », que l’on doit au fameux duo Norman Whitfield/Barrett Strong.
Alors que Brian Holland, Eddie Holland et Lamont Dozier ont forgé « The Sound of Young America », qui était la marque de fabrique de Tamla Motown pendant les années 1960, Norman Whitfield et Barrett Strong créent, à la fin des années 1960, un son plus funk, plus psychédélique et également plus militant à Detroit. Un son qui emprunte au funk, au rock psychédélique, à des groupes comme Sly & The Family Stone (Otis Williams racontait qu’il avait fait écouté leur hit Dance To The Music à Norman Whitfield, mais celui-ci n’y avait pas prêté attention en premier lieu, avant de revenir un peu plus tard vers le batteur Uriel Jones en affirmant vouloir un son nouveau, innovant). Ce style, qualifié de « psychedelic soul » perdurera jusqu’au début des années 1970. Cet album, produit par Norman Whitfield, est celui de la transition pour les Temptations. Tout d’abord, il s’agit du premier changement dans le line-up original des Temptations. Dennis Edwards, qui avait fait partie des Contours en 1967 chez Motown (groupe qui faisait alors souvent la première partie des Temptations), fait son apparition et remplace David Ruffin qui a alors commencé une carrière solo. Il rejoint donc Otis Williams, Melvin Franklin, Eddie Kendricks et Paul Williams. Ensuite, c’est aussi l’album qui marque un basculement de la soul classique vers la « psychedelic soul », la première face étant totalement dédiée à ce nouveau son du duo Norman Whitfield/Barrett Strong, et la seconde typique de la soul de Motown à cette époque. L’album Cloud Nine sera #1 des charts R&B et #4 Pop. Le single Cloud Nine se hissera #2 R&B et #6 Pop, il a également reçu un Grammy Award la même année, première récompense de ce genre pour l’écurie Motown. L’autre single tiré de l’album, Run Away Child, Running Wild sera lui #1 R&B et #6 Pop. Une bonne entrée en matière pour ce nouveau style psychédélique.

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Psychedelic Soul

La première face de ce LP est complètement orientée vers ce nouveau style. Le morceau Cloud Nine qui ouvre l’album en est la parfaite illustration avec sa basse funky, sa rythmique déstructurée et la forte présence de pédale wah-wah. Le single Cloud Nine est un énorme succès qui se hissera #2 R&B et #6 Pop, il a également reçu un Grammy Award la même année, première récompense de ce genre pour l’écurie Motown. Le deuxième titre est une version sympathique du cultissime I Heard It Through The Grapevine (un autre grand classique du duo Norman Whitfield/Barrett Strong, voir ici l’histoire de ce morceau) avec Eddie Kendricks et Dennis Edwards aux lead vocals. Et la première face conclue avec un autre gros hit de cette période : Run Away Child, Running Wild, présenté ici dans sa version longue de quasi 10 minutes (le single incluait une version d’environ 5 minutes). Une première face détonnante et novatrice, qui fera de ce disque un classique instantanée ! On revient à un son plus classique sur l’autre face, et on commence avec une ballade soul, Love Is A Hurtin’ Thing, où Dennis Edwards, Eddie Kendricks et Melvin Franklin se partagent le lead vocal sur de très jolis arrangements où se mêlent violons et flûtes. Love Is A Hurtin’ Thing est une reprise d’un morceau de Lou Rawls de 1966. Le morceau suivant, Hey Girl – à ne pas confondre avec leur chanson Hey Girl (I Like Your Style) de 1973 – est également une reprise, celle d’un morceau de Freddie Scott de 1963. Ici, on retrouve au lead un Paul Williams très convaincant. Vient ensuite un de mes morceaux favoris de l’album, Why Did She Have To Leave Me (Why Did She Have To Go), mené par un excellent Dennis Edwards et doté de magnifiques chœurs à l’ancienne. Eddie Kendricks prend les rênes sur le morceau suivant, I Need Your Lovin’, une autre ballade soul. Paul Williams signe ensuite un deuxième très bon lead avec ce Don’t Let Him Take Your Love From Me, classique mais efficace. Le nouveau membre Dennis Edwards est décidément à l’honneur et on retrouve sa voix caractéristique sur le très bon titre suivant, I Gotta Find A Way (To Get You Back), on appréciera la présence bien sentie de violons dans les arrangements. Il signe aussi le lead vocal du dernier morceau, Gonna Keep On Tryin’ Till I Win Your Love.

Riding High… On Cloud Nine

Cet album est donc le premier de cette vague de « psychedelic soul » signée Motown. Le duo Norman Whitfield/Barrett Strong sera à l’origine de nombreux autres succès pour les Temptations jusqu’au début des années 1970 (I Can’t Get Next To You, Psychedelic Shack, Ball of Confusion ou encore Papa Was A Rollin’ Stone), et lanceront d’autres artistes comme Edwin Starr ou The Undisputed Truth dans la brêche.

Liens : Le site officiel Classic Motown / The Temptations sur Wikipedia (anglais) / Norman Whitfield sur Wikipedia (anglais) / Barrett Strong sur Wikipedia (anglais)

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